J36 mardi 11 février : Ce matin nous avons réservé un mini bus pour nous rendre à Kalaw, la ville de départ pour faire un trek jusqu’au lac Inle. Comme nous avons réservé un peu tard, il ne nous restait que les places à l’arrière du mini bus. Celui-ci vient nous chercher devant notre hôtel à 9h et nous nous installons à côté de deux françaises, Camille et Solenne, avec qui nous discutons une bonne partie du trajet. La ville de Kalaw se trouve à 1320 mètres d’altitude et les routes que nous empruntons sont des routes de montagne en construction. Autant dire que ça secouait pas mal à l’arrière du bus… En plus de la route en zig-zag, la porte arrière du bus, juste derrière était entrouverte, donc nous nous prenions toute la poussière de dehors… La joie des transports au Myanmar, mais nous commençons à être habitués.
Une fois arrivé à Kalaw après 6 heures de trajet, nous avons quand même eu une petite pensée pour le poulet qui a fait tout le trajet dans une boite en carton attachée sur le toit du mini bus !
Nous déposons nos affaires à l’hôtel et nous partons dans le centre-ville pour trouver une agence de trekking pour le lendemain. Nous n’avons rien réservé car les prix diffèrent selon la taille du groupe et que la plupart des groupes se font directement sur place. Nous faisons trois agences avant de trouver la bonne ! Elle propose un trek de trois jours et deux nuits, avec l’hébergement chez l’habitant, tous les repas sont compris ainsi que les deux guides, le transfert de nos bagages à l’hôtel de Inle et la traversée du lac à l’arrivée du trek. Tout ça pour 40 000 kyats par personne (car nous sommes un groupe de plus de 5 personne), soit environ 25€ pour les trois jours. Pour la comparaison, 25€ c’est notre budget par personne par jour au Myanmar, donc autant dire que le prix du trek est très abordable !
De retour à l’hôtel, nous préparons nos petits sacs pour notre tout premier trek sur plusieurs jours ! Nous sommes impatients !
Ensuite nous retrouvons Camille et Solenne pour diner (petite pensée pour les meilleurs samossas au chocolat que nous avons mangé ; après un mois et demi de voyage, le chocolat nous manque déjà !). Nous ne faisons pas le trek avec les mêmes guides mais nous échangeons nos coordonnées pour se retrouver à Inle.
J37 mercredi 12 février : Nous arrivons à l’agence de trek et nous faisons connaissance avec notre groupe pour les trois prochains jours : un anglais Tom, deux espagnoles, Julia et Susana, deux français Clément et Lisa, et nos deux guides Nani et Bri-enn (désolé pour l’orthographe des noms birmans…).
Nous laissons nos gros sacs à l’agence pour qu’ils s’occupent du transfert, non sans quelques craintes… Ce sont un peu nos maisons que nous laissons derrière nous…
Un petit débrief du gérant, et c’est parti ! Nous partons de l’agence en passant par le marché qui a lieu dans la ville. Nous avons déjà fait des marchés à Mandalay, c’est à peu près la même chose ici. Beaucoup de légumes, et les étalages de poissons et de viandes au sol en plein soleil !

Le démarrage se passe bien, nous marchons dans un sous-bois à l’ombre, nous discutons un peu avec tout le monde. Après quelques kilomètres, nous commençons à grimper un peu pour se retrouver sur la crête de la montagne.

Vers 11h30, nos guides nous arrêtent dans un village pour la pause repas. Ce sont nos guides qui nous font à manger, et lorsque les plats commencent à arriver, nous comprenons que nous allons très bien manger pendant ce trek ! En attendant que le dessert arrive, une personne du village vient nous voir pour discuter. Cette personne est assez âgée et parle un petit peu anglais mais nous avions du mal à nous comprendre. Mais le peu que nous avons échangé était très intéressant, et nous nous rendons compte qu’il était très fier que des touristes viennent dans son village. Ce que nous avons trouvé dommage, c’est que ni les guides, ni les personnes chez qui nous étions n’ont mangé avec nous…
Nous repartons qu’à 14h donc nous nous reposons un peu, puis nous faisons le tour du village.

Pour le reste de l’après-midi, nous avons marché sur la crête d’une des montagnes en traversant beaucoup de champs de piment. Vu la saison, les paysages sont très secs, nous n’avons jamais vu autant de sécheresse. Malgré cela, les locaux font des feux pour brûler les arbustes et feuilles pour nettoyer les champs et permettre à l’herbe de repousser correctement. Ils n’ont vraiment pas peur que le feu se propage !


Nous avons aussi croisé pas mal de zébus et de buffalos. Les buffalos sont surtout utiles aux locaux pour le travail aux champs, presque toutes les familles de fermiers en ont un.
La citation du trek: « Quand zébu, ben zébu soif !! »

Nous arrivons au village vers 16h, il s’agit du village où vit la famille de notre guide Nani. Elle nous montre notre hébergement pour la nuit : une grande pièce avec sept petits matelas et deux grosses couvertures par personne. Il fait très froid la nuit ! Elle nous montre également la douche : un seau et une bassine d’eau ; et les toilettes : un trou dans le sol. Le grand luxe local !
Après le passage à la douche, froide évidement, nous commençons l’apéro avec notre groupe ; il y a un petit commerce dans le village où nous avons acheté des bières et des cacahuètes !

Après avoir bien mangé, la guide Nani nous propose d’aller voir sa famille qui habite un peu plus loin dans le village. Nous nous retrouvons dans une pièce centrale de la maison sur pilotis tout en bois. Nous nous asseyons tous autour du feu qui est au milieu de la pièce (sans aucune évacuation, autant dire qu’il y avait beaucoup de fumée). Nous avons rencontré la grand-mère, la mère et la sœur de Nani ainsi que des amies de la famille qui se retrouvent presque tous les soirs au même endroit. C’était un moment très intime, et nous avons pu échanger avec eux grâce à Nani qui était traductrice. Elles nous ont même offert du thé et des gâteaux à la banane. C’était formidable !
En ressortant pour rejoindre notre maison, nous avons vu un ciel étoilé comme nous n’en avions encore jamais vu. Il était splendide, malheureusement nous n’avons pas réussit à prendre des photos à la hauteur de ce que nos yeux ont vu…
De retour à notre maison, nous nous sommes vite endormis malgré le froid, c’est quand même fatiguant de marcher 23km !
J38 jeudi 13 février : Après un petit déjeuner copieux, nous revoilà parti pour 3h30 de marche avec vue sur les champs de gingembre, de piment et d’ails où nous pouvons voir des personnes travailler. Les conditions de travail ne sont pas très bonnes à cause notamment de la forte chaleur ou des charges qu’elles portent. Néanmoins, quand les travailleurs s’apercevaient que nous les regardions ou que nous allions les prendre en photo, il n’était pas rare qu’ils nous fassent un signe ou un sourire. Ces petits gestes nous font du bien et nous rendent à notre tour joyeux et nous donne de la force pour continuer la marche. C’est peut-être pour cette raison que nous n’avons pas « trop » souffert durant ces 3 jours.

Le midi, nous nous sommes arrêtés à une petite auberge pour que nos guides puissent nous faire à manger. Après une partie de jonglage avec une balle un peu dégonflée, nous sommes repartis pour deux heures de marche un peu plus compliquées à cause de la chaleur. Afin de nous reposer un petit peu, un des guides a pris le temps de nous montrer comment faire des bulles avec de la sève de la tige de feuille. Après avoir trouvé une grande feuille, il faut casser la tige mais pas entièrement et souffler. Plus facile à dire ou à écrire qu’à faire… Nous avons dû réussir deux ou trois bulles chacun pendant que le guide était à sa dixième…

Le soir festin en présence des guides, puis jeux de carte en goutant de l’alcool local appelé Happy Water : c’est un alcool de riz mis dans une bouteille plastique d’eau donc nous n’en connaissons pas le degré d’alcool mais c’est buvable 😉. Tout au long de ces trois jours, nous avons pu échanger en anglais, en français et en espagnol sur les vies et les projets de voyage de chacun. Nous avons passé des bons moments avec le groupe.
J39 Vendredi 14 février : Aujourd’hui, nous partons tôt pour éviter la chaleur. En effet comme nous allons redescendre de la montagne pour atteindre le lac, les températures vont monter. De plus, le dernier jour, il est prévu de marché presque 18km le matin pour manger puis prendre le bateau en début d’aprèm direction la ville.

Cette dernière partie est principalement de la route et il y a plus de groupe car c’est l’axe principal pour rejoindre l’embarcadère. Elle est donc un peu moins intéressante et peu compliquée. Nous arrivons à l’auberge et nous savourons notre dernier repas du midi avec le groupe. Avant qu’il n’arrive, j’ai (Thomas) regardé quatre personnes jouer à un jeu qui me rappelait le billard mais au lieu des cannes ils faisaient des pichenettes et les boules étaient remplacés par des palets ! Nous allons apprendre plus tard que ce jeu est un carrom ou billard indien. Une partie était en cours et les joueurs aguerris arrivaient à faire des coups exceptionnels avec plusieurs bandes (un peu comme nous lors de notre dernier Noël en famille !). Il faillait que nous testions ce jeu à notre tour. Donc après le repas, nous nous sommes réunis devant le plateau de jeu et c’était parti pour un 3 contre 3 avec comme coachs trois locaux. En faite c’est beaucoup plus dur quand c’est nous qui jouons et c’est aussi beaucoup plus long pour faire rentrer les palets. Mais c’était très rigolo ! De retour chez nous, nous pensons construire ce jeu convivial.

Après la victoire de la team Morgane-Lisa-Tom, nous sommes repartis direction l’embarcadère et le bateau. En fait, le bateau ressemble plus à une grande pirogue où nous sommes obligés de nous mettre en quinconce pour éviter de trop faire tanguer le bateau et donc de risquer de prendre l’eau.

Nous avons rejoint la ville de Nyaung Shwe où nous nous sommes tous séparés après des aurevoirs et des échanges de numéros. Mais les séparations auront été de courte durée car nous avons déjà prévu de nous faire une sortie bateau sur le lac dès le lendemain avec nos copains français mais nous vous détaillerons cette partie dans un prochain article.

